Née du projet de voiture autonome de Google en 2009...
Tout commence en 2009, lorsque Larry Page, cofondateur de Google, lance le Self-Driving Car Project et recrute Sebastian Thrun, vainqueur du DARPA Grand Challenge 2005 avec Stanford. L'équipe fondatrice — Chris Urmson, Anthony Levandowski, Mike Montemerlo — est un condensé de la « diaspora DARPA », ces ingénieurs qui ont tout réinventé dans le désert du Nevada en 2004-2007.
En 2014, Google présente la Firefly, une voiture sans volant ni pédales conçue de zéro. En 2016, le projet devient une entreprise indépendante au sein d'Alphabet : Waymo. Le 5 décembre 2018, Waymo One est lancé à Phoenix comme premier service commercial de robotaxis au monde. En novembre 2019, le conducteur de sécurité disparaît définitivement des véhicules — une première mondiale.
Depuis 2020, Waymo a opéré une montée en puissance spectaculaire : de 50 000 courses par semaine en mai 2024 à 500 000 courses par semaine fin 2025, soit une multiplication par 10 en 18 mois.
« Rendre les déplacements sûrs et faciles pour tous, partout. » — Waymo ambitionne d'éliminer la mortalité routière liée à l'erreur humaine.
Octobre 2024 : levée de 5,6 milliards de dollars. Février 2026 : 16 milliards supplémentaires, valorisant Waymo à 126 milliards. Investisseurs : Alphabet (13 Md$), Sequoia, Mubadala, Temasek, DST Global, Andreessen Horowitz.
Waymo est le seul opérateur américain à proposer des robotaxis payants sans conducteur de sécurité à bord.
Service d'abonnement via l'app Waymo One. Les utilisateurs commandent un trajet sans conducteur. Les revenus couvrent progressivement les coûts opérationnels, mais la rentabilité globale reste l'objectif à moyen terme.
Chaque ville représente un terrain d'expérimentation unique. Les conditions météorologiques, la topographie, la densité du trafic et les réglementations locales façonnent l'expérience Waymo de manière radicalement différente selon les marchés.
Premier marché de Waymo, la plus grande zone de service aux États-Unis avec 315 miles² couverts. Le climath ensoleillé, les rues en damier et la population ouverte à la technologie en ont fait le laboratoire idéal. Premier aéroport au monde avec service de robotaxi H24 (Sky Harbor, nov. 2022, 1 000–1 200 courses/jour). En novembre 2025, Waymo étend son service aux autoroutes (Loop 101, 202, I-10) à 65 mph — une première mondiale.
Les rues pentues, le brouillard récurrent, la circulation dense et les pistes cyclables intensives font de San Francisco le terrain le plus complexe. En 2025, Waymo a multiplié par 5 sa zone de service dans la Bay Area, couvrant plus de 260 miles² en fusionnant les zones SF et Silicon Valley. Waymo a inclus Palo Alto et le campus de Stanford depuis 2025.
L.A. représente le défi de la ville-autoroute : distances longues, diversité de quartiers, trafic imprévisible. Waymo y développe progressivement son maillage urbain. Résultat environnemental notable : 88 tonnes de CO₂ évitées par semaine grâce à la flotte électrique.
Premier marché Waymo ouvert en partenariat avec Uber. L'utilisateur commande via l'app Uber et reçoit un Waymo. Ce modèle hybride permet à Waymo de tirer parti de la base d'utilisateurs Uber sans construire sa propre infrastructure de distribution.
Atlanta marque l'entrée de Waymo dans le Sud-Est américain via Uber. La ville, à forte densité de trafic et infrastructure moins homogène que Phoenix, teste les capacités d'adaptation du système Waymo Driver à de nouveaux environnements urbains.
Dallas, Houston, San Antonio, Orlando et Miami ont rejoint le réseau en 2025-2026. L'expansion dans le « Sun Belt » représente la stratégie de Waymo : villes à climat favorable, population en croissance et réglementations ouvertes. Tokyo et Londres sont dans le viseur pour 2026-2027.
Waymo développe son propre LiDAR depuis 2011, réduisant son coût de 75000 $ à moins de 7500 $ par unité. La 5ᵉ génération combine LiDAR courte portée (piétons proches) et longue portée (obstacles à 300 m). Le LiDAR génère un nuage de points 3D à 10 Hz.
29 caméras haute définition couvrant chaque angle, y compris vision infrarouge pour la nuit et le brouillard. Permettent la reconnaissance de panneaux, feux de signalisation, marquages au sol, cyclistes et piétons.
Les radars fonctionnent par temps de pluie, neige ou brouillard dense là où les caméras et LiDAR échouent. Ils mesurent la vitesse relative et la distance des objets mobiles — véhicules à grande vitesse, objets traversant rapidement l'intersection.
Avant tout déploiement, Waymo cartographie chaque rue : géométrie de la route, signalisation, feux, marquages, obstacles permanents. La carte est mise à jour en temps réel via le cloud. C'est pourquoi Waymo ne peut pas opérer sur des routes inconnues sans cartographie préalable.
Le système Waymo Driver traite en temps réel les données de tous les capteurs, prédit le comportement des piétons, cyclistes et véhicules, et planifie la trajectoire optimale. L'IA s'améliore via le principe suivant : chaque robotaxi contribue anonymement à l'entraînement du modèle global sans transmettre de données personnelles.
Chaque composant critique est triplé : alimentation, freinage, direction, communication. En cas de défaillance d'un capteur, le système continue de fonctionner en mode dégradé. Si la défaillance est critique, le véhicule se gare en toute sécurité de manière autonome. Un opérateur distant peut prendre le contrôle à distance si nécessaire.
La NHTSA (autorité américaine de sécurité routière) exige des rapports d'incidents de tous les opérateurs de véhicules autonomes. Ces données publiques révèlent les limites réelles du système — des informations essentielles pour évaluer la technologie de manière critique.
Un robotaxi Waymo en mode autonome heurte et tue un chien à San Francisco. Soulève la question de la détection des petits animaux en mouvement rapide.
Un robotaxi Waymo percute un cycliste, causant des blessures légères. L'enquête révèle que le système n'avait pas correctement anticipé la trajectoire du cycliste dans une intersection complexe.
Une dizaine de robotaxis Waymo se bloquent simultanément dans un carrefour de San Francisco. En cause, une panne de courant dans la ville.
La NHTSA recense 1429 incidents impliquant des véhicules Waymo entre juin 2021 et novembre 2025. La majorité sont des événements mineurs. Mais cette transparence forcée révèle l'ampleur réelle des imperfections du système à grande échelle.
Une Tesla lancée à 157 km/h percute plusieurs véhicules dont une Waymo inoccupée à San Francisco. Un homme de 27 ans et son chien meurent. Sept autres blessés. Important : Waymo n'est pas à l'origine de l'accident — sa voiture était à l'arrêt et inoccupée.
Waymo rappelle 1 212 véhicules autonomes après que des erreurs logicielles ont provoqué 16 collisions avec des barrières de sécurité entre 2022 et fin 2024. Le bug concernait la détection des barrières en béton en virage. Mise à jour déployée via OTA (over-the-air) sans immobilisation physique des véhicules.
La NHTSA et le NTSB ouvrent une enquête sur des comportements incorrects de robotaxis Waymo à proximité de bus scolaires (feux rouges clignotants ignorés). Révèle des lacunes dans la gestion de cas spéciaux peu représentés dans les données d'entraînement.
Waymo opère dans un patchwork réglementaire sans loi fédérale unifiée.
L'automatisation menace des emplois et creuse les inégalités d'accès.
Qui répond d'un accident ? Les données des passagers ont-elles un cadre ?
En 2025, Waymo enregistre 90 % de réduction des accidents graves et 88 % moins de dommages matériels que les conducteurs humains. Mais les questions de responsabilité, de données personnelles et de gouvernance algorithmique restent sans réponse fédérale.