Les trois lois d'Asimov pour la robotique
La hiérarchie de règles déontologiques la plus connue pour les systèmes automatisés est celle des Trois Lois de la Robotique postulées par l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov, qui énoncent :
1
Première loi
Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, par son inaction, permettre qu'un être humain soit blessé.
2
Deuxième loi
Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3
Troisième loi
Un robot doit protéger sa propre existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.
Adaptation aux véhicules autonomes
Ces règles ne constituent pas un cadre éthique complet et ne seraient pas suffisantes pour assurer un comportement éthique d'un véhicule autonome. Toutefois, ce cadre simple permet d'illustrer efficacement plusieurs considérations éthiques. La première loi met l'accent sur la valeur fondamentale de la vie humaine et sur le devoir d'un robot de la protéger.
Le potentiel de réduction des accidents et des décès constitue une motivation majeure pour le développement et le déploiement des véhicules automatisés. Ainsi, placer la protection de la vie humaine au sommet d'une hiérarchie de règles pour les véhicules automatisés semble justifié.
Du préjudice à la collision
La formulation exacte de la première loi d'Asimov pose certains défis. En particulier, l'accent mis sur le devoir du robot d'éviter de blesser des humains suppose que le robot dispose d'un concept du préjudice et d'une compréhension des actions susceptibles de causer ce préjudice.
Plutôt que d'essayer de déduire le préjudice ou les blessures infligées aux humains, ne suffirait-il pas que le véhicule tente simplement d'éviter les collisions ? Après tout, la manière la plus probable pour un véhicule automatisé de blesser un humain est par le contact physique lors d'une collision.
Limiter la responsabilité à l'évitement des collisions signifierait que la voiture n'aurait pas à être programmée pour se sacrifier afin de protéger la vie humaine dans un accident dans lequel elle n'aurait autrement pas été impliquée. La responsabilité éthique consisterait simplement à ne pas provoquer de collision, plutôt qu'à prévenir tout préjudice.
Hiérarchie proposée pour les véhicules autonomes
En reprenant l'idée de prioriser la vie humaine et les usagers les plus vulnérables de la route, et en formulant la hiérarchie résultante dans l'esprit des lois d'Asimov, on peut proposer :
1
Première contrainte
Un véhicule automatisé ne doit pas entrer en collision avec un piéton ou un cycliste.
2
Deuxième contrainte
Un véhicule automatisé ne doit pas entrer en collision avec un autre véhicule, sauf si l'évitement d'une telle collision entre en conflit avec la première contrainte.
3
Troisième contrainte
Un véhicule automatisé ne doit pas entrer en collision avec tout autre objet de l'environnement, sauf si l'évitement d'une telle collision entre en conflit avec la première ou la deuxième Contrainte.
Il s'agit de règles simples qui peuvent être mises en œuvre dans un véhicule automatisé et hiérarchisées conformément à cet ordre par un choix approprié de variables de relâchement associées à la violation des contraintes. De telles règles éthiques ne nécessiteraient que la catégorisation des objets et n'impliqueraient pas de calculs plus fins concernant les blessures.
Elles pourraient être mises en œuvre avec le niveau actuel des capacités de détection et de perception, tout en tenant compte de la possibilité que les objets ne soient pas toujours correctement classifiés.